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Mots à Léonie. Victor Hugo

© agnes verfaillie

Sais-tu que je t’aime ? Le sens-tu, le crois-tu ? Le vois-tu ? Ma bouche te l’a-t-elle dit ? Mes yeux te l’ont-ils dit ? L’as-tu lu dans tout moi quand je suis près de toi ? Entends-tu tout ce qui t’environne, les murs de la chambre, les arbres du jardin, te murmurer à l’oreille ce doux mot quand je suis loin de toi ? Es-tu bien convaincue, dis, de ta beauté, de ta grâce, de ta puissance, de mon amour ? Je veux que tu aies cette conviction. Je ne crains pas de te la donner. Je ne crains pas que tu en abuses parce que je t’estime autant que je t’aime. Je sais que c’est une vieille rouerie des amours vulgaires qu’il faut cacher la moitié de ce que l’on éprouve. Je pense précisément le contraire, et je le fais comme je le pense. L’amour est une puissance, il ne peut rien craindre; l’amour est une loyauté, il ne doit rien cacher. Lettres à Léonie adressées par Victor Hugo

Agnès Verfaillie.

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