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Gerhard Richter entre figuration et abstraction

Grand défenseur de la peinture, Gerhard Richter n’a cessé, depuis cinquante ans, de réexplorer les genres de l’histoire de l’art, entre figuration et abstraction, gris et couleur, et dans un rapport étroit avec la photographie.

Une peinture tendue entre abstraction et figuration
Né en 1932 à Dresde, il a grandi sous Hitler, a été marqué par la guerre et a commencé sa carrière d’artiste à l’Est. En 1961, il passe à l’Ouest et détruit tout ce qu’il a produit avant.

"Stroke (on red)" de Gerhard Richter (1980), au Centre Pompidou

« Stroke (on red) » de Gerhard Richter (1980)

© Thibault Camus / AP / SIPA

Des photopaintings proches du pop art
Dans les années 1970, Richter se met à peindre des tableaux abstraits. Mais il reste fidèle à sa démarche quand il photographie un détail d’un de ses tableaux, pour le retraduire, très agrandi, et en faire un motif abstrait.

Ema (Nu sur un escalier), 1966, Cologne, Museum Ludwig / Legs Ludwig

Ema (Nu sur un escalier), 1966, Cologne, Museum Ludwig / Legs Ludwig

© Gerhard Richter 2012

Introduction du hasard
Dans les années 1980, le peintre applique des couches de peinture superposées qu’il écrase avec une raclette métallique ou une planche de bois pour faire réapparaître les couches recouvertes, introduisant ainsi le hasard dans sa production. Il applique aussi le procédé précédent à ces œuvres, photographiant un détail qu’il agrandit sur une nouvelle toile.

Ces œuvres abstraites vont être une constante de son travail jusqu’à aujourd’hui. Mais Richter continue dans l’esprit de ses premières photopaintings, revendiquant dans le même temps le classicisme, « essentiel à la vie » selon lui. Il se « considère comme l’héritier d’une immense, fantastique et féconde culture de la peinture ». Il peint ainsi des paysages grandioses dans une atmosphère toujours brumeuse.

"Juni, 1983", de Gerhard Richter, au Centre Pompidou

« Juni, 1983 », de Gerhard Richter.

© Joel Saget / AFP

Dans une veine figurative aussi, il peint sa famille, « parce que ce sont les êtres qui me touchent le plus ». Il confine à l’universel avec la figure de la mère et l’enfant, et dépasse le réalisme avec son flou caractéristique, quand il peint une « Lectrice » inspirée d’une toile de Vermeer conservée à Dresde.

Richter refuse de prendre des positions politiques, ce qui ne l’empêche pas d’être sensible aux drames du monde. La dernière salle de l’exposition montre ses derniers travaux. « Septembre », réalisé quatre ans après le 11 septembre 2001 évoque ce qu’il décrit comme un acte « abominable ». Cette petite toile quasi-abstraite, est un écho à «18 octobre 1977″, une série sur la Fraction armée rouge d’après des photos de presse en noir et blanc.

"Strip" de Gerhard Richter (2011), exposé au Centre Pompidou

« Strip » de Gerhard Richter (2011), exposé au Centre Pompidou

© Joel Saget / AFP

Un travail toujours fécond
A 80 ans, Richter continue à travailler dans différentes directions, souligne Camille Morineau, montrant une grande toile de 2011 : « Strip » est un empilement de lignes de couleurs obtenu à partir d’un travail numérique sur une photo.

Autre nouveauté, de petits tableaux d’émail sous verre, qui doivent être réalisés dans un temps très court, ce qui les rapproche, selon Camille Morineau, de l’image photographique.

De le peinture, Richter dit que « c’est ce qui m’a depuis toujours le plus intéressé », s’affirmant persuadé qu’elle « fait partie des aptitudes humaines les plus fondamentales, comme la danse ou le chant ».

Source : Musée Georges Pompidou.

Gerhard Richter présente la rétrospective qui lui est consacrée au Centre Pompidou (4 juin 2012)